Bonjour ! Je suis Ameko de HELICE, boutique multimarque spécialisée dans l’Ame-kaji.
Quand on parle d’Ame-kaji, beaucoup finissent par devenir passionnés de Military Wear.
Cette fois, plongeons dans l’histoire de la naissance de ces vêtements militaires !
<Sommaire>
Première partie — Avant la naissance de l’Ame-kaji aux États-Unis
Chapitre 1 — Qu’est-ce que l’Ame-kaji ?
Chapitre 2 — La conquête de l’Ouest et la naissance du jean
Chapitre 3 — L’âge d’or du Workwear, parties 1 et 2
Chapitre 4 — La naissance du Military Wear ← ici !
Chapitre 5 — Cinéma, musique et culture jeune
Chapitre 6 — Cultures Ivy, Preppy et Hippie
Deuxième partie — Comment l’Ame-kaji est devenu une culture au Japon
Chapitre 7 — Le GHQ et l’arrivée de la culture américaine
Chapitre 8 — VAN et le boom Ivy
Chapitre 9 — Shibu-kaji et boom du vintage
Chapitre 10 — La culture Ame-kaji façonnée par les magazines
Troisième partie — Comment le Japon est devenu une grande nation de l’Ame-kaji
Chapitre 11 — Le denim d’Okayama et Kojima
Chapitre 12 — La naissance des marques de reproduction
Chapitre 13 — La philosophie des marques japonaises d’Ame-kaji
Chapitre 14 — Le Made in Japan reconnu dans le monde
Chapitre final HELICELa culture Ame-kaji que HELICE souhaite transmettre
Les couleurs emblématiques du Military Wear
Le vêtement militaire est un équipement à part entière, au même titre que les armes.
De la même manière que le Workwear a évolué à partir de l’expérience des travailleurs,
le Military Wear a évolué à partir de l’expérience des soldats.
Lorsque les performances des mitrailleuses, des fusils à longue portée et de l’artillerie progressent fortement,
les uniformes aux couleurs trop visibles commencent à mettre directement les soldats en danger.
Par exemple,l’armée française, attachée à la tradition, combat avec des pantalons rouges et des tuniques bleu foncé,
des uniformes particulièrement voyants sur le champ de bataille.Ils deviennent alors des cibles faciles pour l’ennemi.
Après avoir subi des pertes catastrophiques, avec près de 30 000 morts en une seule journée selon le texte,
l’uniforme est ensuite remplacé par le « horizon blue », un bleu-gris beaucoup plus discret.
L’uniforme militaire passe alors d’un symbole de « l’honneur national» à un vêtement plus pragmatique, conçu pour « se dissimuler »,
et des couleurs comme le kaki ou l’olive drab, qui se fondent dans l’environnement, sont progressivement adoptées.
Dans les airs, en mer et sur terre : des vêtements différents pour chaque environnement
Le champ de bataille recouvre en réalité des environnements très différents.
Des pilotes dans les airs.
Des marins travaillant sur le pont d’un navire.
Des fantassins avançant dans la boue.
Les conditions auxquelles ils sont confrontés n’ont rien de comparable.
C’est précisément cette diversité de situations qui a donné naissance à des vêtements militaires très spécialisés.
Voyons un par un quelques-uns de ces blousons toujours appréciés aujourd’hui !
Les soldats du ciel — la A-2 Flight Jacket
Dans les années 1930,
l’avion est encore loin d’être aussi confortable qu’aujourd’hui.
Les cockpits ne sont pas totalement isolés et, à mesure que l’altitude augmente,
la température peut chuter jusqu’à -30 ou -40 °C, voire davantage.
Le vent frappe violemment le corps et la structure métallique de l’appareil devient glaciale.
Un gros pull ne suffit pas : les soldats doivent accomplir leurs missions tout en luttant contre les gelures et l’hypothermie.
C’est dans ce contexte qu’est née la veste adoptée comme tenue de vol standard de l’US Army Air Corps :la A-2 Flight Jacket..
Confectionnée dans des cuirs robustes comme le cheval ou la chèvre, elle adopte une construction limitant les entrées d’air froid et une silhouette proche du corps.
Des bords-côtes aux poignets et à la taille empêchent le vent de pénétrer.
Les poches poitrine sont placées de manière à rester accessibles pendant le vol.
Aujourd’hui, la A-2 est presque devenue synonyme de blouson en cuir.
À l’origine, pourtant, il s’agissait d’un équipement destiné à protéger la vie des pilotes.
Plus de 80 ans après sa naissance, son design continue d’être considéré comme une forme presque aboutie.
Le choix des hommes de la mer — la N-1 Deck Jacket
La marine affronte, elle aussi, des conditions qui lui sont propres.
En hiver, le vent marin balaie sans répit les ponts des navires.
Les vêtements imbibés d’eau de mer se refroidissent brutalement et le vent fait chuter rapidement la température corporelle.
Le pont reste en outre glissant, tandis qu’il faut continuer à transporter de lourdes munitions et du matériel.
Les marins avaient donc besoin d’un vêtement capable de résister à l’humidité, de couper le vent et de laisser une bonne liberté de mouvement.
La réponse futla N-1 Deck Jacket..
Son extérieur en Jungle Cloth densément tissé protège du vent froid.
La doublure en laine mélangée à de l’alpaga offre une forte isolation pour les longues heures passées sur le pont.
En relevant le col et en fermant la patte sous le menton, on limite aussi l’entrée d’air froid au niveau du cou.
Aujourd’hui, la N-1 est très appréciée pour son allure brute et fonctionnelle.
Son design est le résultat direct des fonctions exigées par les soldats travaillant sur des mers glaciales.
Le vêtement mobile recherché par l’armée de terre — la M-43 Field Jacket
Pour les soldats combattant au sol, le froid n’est pas le seul ennemi.
Pluie, forêt, zones urbaines…
le champ de bataille change constamment de visage.
L’armée développe alors le principe du layering : superposer les couches en fonction des conditions.
Quatre grandes poches.
Une silhouette ample.
Une coupe permettant de porter des couches chaudes dessous.
L’idée n’est plus qu’un seul vêtement suffise à tout, mais qu’il puisse être combiné avec d’autres selon l’environnement.
La M-43 Field Jacket permet ainsi de rationaliser plusieurs uniformes auparavant développés séparément selon les missions.
Les vêtements militaires ne disparaissent pas avec la fin de la guerre
En 1945, la Seconde Guerre mondiale prend fin.
Les soldats rentrent chez eux et de nombreuses usines militaires se reconvertissent dans la production civile.
Les uniformes, eux, ne disparaissent pas.
Produits en très grandes quantités, les vêtements militaires excédentaires arrivent sur le marché et se retrouvent à prix accessibles dans les surplus stores.
Solides, fonctionnels et peu chers.
Ils sont adoptés non seulement par d’anciens soldats, mais aussi par des étudiants, des travailleurs et des amateurs d’activités de plein air.
Le vêtement militaire commence alors à passer du rôle de « vêtement pour combattre » à celui de « vêtement du quotidien ».
Du champ de bataille à la rue
Dans les années 1950, la société américaine retrouve progressivement la prospérité avec la reconstruction d’après-guerre.
Les jeunes commencent à voir dans les vêtements militaires non plus seulement le symbole du soldat, mais une beauté fonctionnelle et brute.
À travers les films hollywoodiens et les magazines, le Military Wear se diffuse ensuite dans le monde entier.
La A-2 devient un classique du blouson en cuir, la N-1 s’impose dans les looks Workwear d’hiver,
et l’héritage de la M-43 se poursuit dans les M-51 puis M-65.
Résumé des chapitres 1 à 4
Le jean est né pour les travailleurs.
Le Workwear a soutenu ceux qui ont construit les États-Unis.
Et le Military Wear a évolué pour protéger des soldats confrontés à des conditions extrêmes.
Après la Seconde Guerre mondiale, ces vêtements
deviennent progressivement de la mode lorsque de jeunes générations plus prospères commencent à les porter comme moyen d’expression personnelle !!!
Dans le prochain chapitre, nous verrons comment le cinéma, le rock’n’roll et les stars d’Hollywood
ont diffusé l’American Casual auprès des jeunes du monde entier.
Poursuivons cette histoire !

